[Culture] Les nombres chez les Lubas

Les Lubas ont une vision du monde bien Ă  eux. Tout d’abord, les Lubas, bien avant l’arrivĂ©e des colons, ont toujours Ă©tĂ© monothéïstes, croyant en un Dieu unique CrĂ©ateur du ciel, de la terre et toute ĂȘtre et plante que nous trouvons ici-bas. Ce Dieu a Ă©galement sacrifiĂ© son premier nĂ© pour laver nos pĂ©chĂ©s. Je vous ai conconctĂ© une petite vidĂ©o qui vous permettra de mieux comprendre la complexitĂ© des croyances du peuple Lubas. Cette vidĂ©o se focalise sur les nombres et leurs significations. n’hĂ©sitez pas Ă  laisser vos commentaires!

Note 2 mistakes in the video: Please read 9 = Citemba and 10 = Dikumi

Luba people have their own vision of the world. As a starter, contrarily to many ethnic groups in Africa that are polytheists, and well before colonization took place, the Luba people have always believe in one God, creator of the sky, the earth and every living creature, who sacrificed His first born to wash our sins. I created this short video to help you understand the complexity of Luba people’s beliefs. This video will focus on numbers and their meaning. Leave your comments below!

Pour aller plus loin: Une Bible Noire – Cosmogonie bantu par Tiarko Fourche

[NsĂčmwĂŹnĂč] Ngoyi wa Lubingabinga

Introduction

Récit symbolique dans lequel Dieu apprend aux hommes la sagesse de vie.

Ngoyi wa Lubingabinga.

Note : Lubingabinga signifie Ă©tymologiquement celui qui a toujours raison ; le mot provient du verbe Kubinga (mu tshilumbu) = gagner le procĂšs. C’est le nom d’un personnage lĂ©gendaire, connu non seulement chez les Baluba mais chez beaucoup d’autres peuples. Autour de ce nom se forma tout un cycle de contes, anciens et nouveaux, qui dĂ©peignent le personnage comme un maladroit irrĂ©flĂ©chi, qui par ses bĂ©vues et son manque d’intelligence se met dans des situations compliquĂ©es, mais qui, par l’intermĂ©diaire d’un tiers, finit toujours par s’en tirer. Dans cette fable spirituelle l’accent est mis sur l’impertinence du chien coupable. On remarquera aussi la politesse de Dieu et sa bienveillance paternelle, Il ne se fĂąche pas mais donne des explications au sujet de la raison de ses actions. Le chien remplit ici le rĂŽle de l’homme. leur sympathie. Pourquoi ? Non pas Ă  cause de son astuce, comme dans les fables de Kabundi, non plus Ă  cause d’une vertu qu’ils admirent en lui ou d’un vice qu’ils lui reprochent, comme c’est le cas dans les fables d’animaux ; Lubingabinga a le coeur droit et dans sa maladresse, il est plein de bonne volontĂ©. Mais les Noirs trouvent quelque chose de spirituel, au niveau de leur intelligence, dans les bouffonneries qui ont leur origine dans des quiproquos ou de simples malentendus basĂ©s sur des jeux de mots ou des calembours. Ngoyi n’est pas un mortel ordinaire. Quoi qu’il fasse, il ne lui arrive jamais de mal ; il n’est jamais puni par les hommes, on lui donne toujours raison, sans qu’il doive mĂȘme plaider sa cause. On le place dans une situation spĂ©ciale vis-Ă -vis de Dieu, qui presque toujours intervient dans ces fables. Lubingabinga est choisi par Dieu pour servir de guide et de protecteur aux misĂ©reux qui veulent aller vers Dieu ; sa tĂąche finie, il ne retourne pas sur terre avec les hommes, mais reste auprĂšs de Dieu. On voit mal de quel personnage Ngoyi wa Lubingabinga est le symbole dans la mythologie nĂšgre.

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Quelqu’un avait une femme qui Ă©tait enceinte ; chaque fois que cette femme mangeait, elle devait vomir. Un beau jour, il se leva et dit : «Je vais chez Dieu pour qu’il me fasse connaĂźtre la cause qui fait vomir ma femme et  me donne un mĂ©dicament pour lui faire guĂ©rir l’intĂ©rieur.»

Il se mit en route, arriva chez Dieu, Lui raconta le cas et se tut.

Dieu de dire : «Retourne chez toi et amĂšne moi l’homme qui s’appelle Ngoyi wa Lubingabinga, reviens ici avec lui immĂ©diatement.»

Notre homme se mit en route, interrogeant ici, interrogeant lĂ , interrogeant tout le monde. Il arriva chez Ngoyi de Lubingabinga. Il lui fit connaĂźtre le message de Dieu.

Ngoyi rĂ©pondit : «Si Dieu m’appelle, est-ce Ă  moi de refuser ? Partons.»

Ils se mirent en route. ArrivĂ©s au milieu d’une plaine — d’oĂč ils venaient c’était loin, oĂč ils allaient c’était loin — ils voyaient une chose longue qui leur barrait la route ; c’était fort long.

Cette chose dit : «Si vous passez du cotĂ© de ma tĂȘte, je vous avalerai ; si vous allez du cotĂ© de mes pattes, j’appellerai un grand nombre d’hommes pour venir vous Ă©gorger ».

Nos hommes de s’écrier : « Ciel ! Qu’est-ce donc pour un revenant de malheur ? Comment passer ici aujourd’hui ? »

Ils sautaient vite dans la brousse, du cotĂ© des pattes de l’ogre mais, comme je vous le dis, l’ogre criait : « Eh lĂ  ! Ici, les hommes ! »

Bon sang, lorsque Ngoyi et son compagnon regardĂšrent derriĂšre eux, ils virent une centaine d’hommes, tous armĂ©s de couteaux et vĂȘtus de feuilles sĂšches de bananier qui les suivaient. Ngoyi se plaça devant son ami, il voulait le sauver ; s’il ne le faisait pas, on le tuerait en route.

Les hommes que l’ogre avait appelĂ©s pour tuer Ngoyi et son compagnon, s’appelaient les Bata Nsanza (1).

Ngoyi et l’ami qui Ă©tait venu le chercher arrivaient chez un chef de viilage en poussant des cris. Les Bata Nsanza les suivaient en criant : « Ceux-lĂ , oĂč que ce soit, aujourd’hui nous les assommons ».

Ngoyi et son ami coururent vers le chef et le suppliÚrent : « Sauvez-nous ».

Le chef dit: «Asseyez-vous ici».

Ils s’asseyĂšrent. Peu aprĂšs aussi les Bata Nsanza arrivĂšrent lĂ  ; ils avaient retroussĂ© leurs vĂȘtements et avaient l’air sauvage.

Arrivés auprÚs du chef, celui-ci leur demanda : « Quelle affaire avez-vous avec ces hommes ?»

Ils répondaient : « Notre maßtre leur avait défendu de passer, mais ils ont passé de force».

Le chef dit : « Ngoyi, veuille raconter toi aussi ce qui en est ». —

Il dit : « Cher chef, nous Ă©tions en route ; nous voyions quelque chose de trĂšs grand qui barrait la route. Quand cela nous vit, cela cria : « Eh lĂ  ! Ne passez pas du cotĂ© de ma tĂȘte ! » Nous sommes passĂ©s alors du cotĂ© de ses pattes ; mais ces gens, pourquoi ils nous suivent de si prĂšs, nous l’ignorons ; vous voudriez bien le leur demander ». (2)

Le chef décida : « Vous Bata Nsanza, vous avez tort ; retournez chez vous ; Ngoyi wa Lubingabinga tu as raison ».

Ngoyi et son compagnon restÚrent auprÚs du chef de village, en disant : « Nous restons à votre service ».

Un beau jour, le chef convoqua ses gens pour venir travailler ses champs. De bon matin, alors qu’il Ă©tait encore Ă  songer : « aujourd’hui ils viennent travailler », il vit dĂ©jĂ  — c’Ă©tait encore Ă  la pointe du jour — Ngoyi, qui lui demanda une houe pour aller travailler avant les autres. Le chef prit une houe et la lui remit.

Ngoyi, arrivĂ© au champ, dit Ă  son compagnon : « Aujourd’hui nous quittons le chef, nous continuons notre voyage. Je vais lui chercher d’abord querelle » (3).

Quand le chef arriva sur place avec quelques-uns de ses hommes, Ngoyi se glissa tout prÚs du chef et le frappa vivement avec sa houe sur la jambe, en plein ! Le chef tomba et cria : «Empoignez-les ! »

Lorsque les gens, qui Ă©taient en train de travailler, arrivĂšrent en vitesse, le couple s’était dĂ©jĂ  enfui dans les hautes herbes. Les gens du chef se mirent Ă  les poursuivre longtemps, jusqu’aux cases d’un certain petit village. Il y avait lĂ  une femme veuve, qui les arrĂȘta pour les interroger sur l’affaire. Ceux aussi qui Ă©taient poursuivis arrivĂšrent lĂ .

La femme dit : « Pourquoi courez-vous si obstinément aprÚs ces hommes ? »

Ils rĂ©pondirent : « Ils ont frappĂ© notre chef ». —

La femme rĂ©pliqua : « Et vous, qu’avez-vous Ă  dire ?»

Ngoyi dit : « ChĂšre mĂšre, ce chef venait de me donner une houe, en disant : allons travailler. Mais quand je la tenais bien en main, le fer s’en Ă©chappa, il frappa Ă  l’improviste la jambe du chef (4) ; de lĂ  tout ce branle-bas ».

La femme décida : « Vous autres, retournez. Ngoyi, tu as gagné la cause».

Ngoyi et son compagnon restĂšrent au service de cette femme.

Environ sept jours se passĂšrent. La femme un jour alla au champ. En partant elle leur dit: « J’ai ici beaucoup de farine de manioc ; pour qu’elle ne moisisse pas, je l’ai mise Ă  sĂ©cher au soleil ; restez ici pour la tenir Ă  l’oeil : et la pluie et la farine ; nous sommes en effet en pleine saison des pluies. »

Nos hommes restaient lĂ  en regardant le ciel ; ils tenaient l’oeil sur la pluie et sur la farine. Tout Ă  coup, un orage survint, sans Ă©clairs ni tonnerre ; il pleuvait Ă  creuser des fosses, toutes les riviĂšres dĂ©bordaient. Nos hommes en voyant cela coururent vite chercher deux nattes et s’accroupirent chacun sur sa natte et continuĂšrent Ă  regarder la pluie et la farine. Vous savez comment la farine dans la pluie se met tout de suite Ă  coaguler ; la masse d’eau entraĂźna toute la farine. Mais eux, ils restĂšrent lĂ , assis.

La femme revint. Elle vit toute la farine emportĂ©e par l’eau et Ngoyi avec son compagnon accroupis.

Elle se mit à crier : « Les hommes, par ici ! »

Les membres de sa famille accoururent ; chacun avec un couteau. Nos amis prirent la fuite en vitesse, tout droit vers un autre petit village. LĂ  habitait une femme avec un enfant d’environ trois ans. Celle-ci les arrĂȘta. Elle demanda Ă  ceux qui les poursuivaient : « Que se passe-t-il ?»

Ils répondirent : « Ils ont gùté la farine de manioc de notre grand-mÚre ! »

La femme dit : « Toi, Ngoyi, qu’as-tu Ă  dire ? »

Ngoyi de rĂ©pliquer : « ChĂšre mĂšre, la femme nous avait laissĂ© sa farine pour la tenir Ă  l’oeil ; il commençait Ă  pleuvoir et un peu de pluie tomba dessus. Lorsqu’elle revint du champ, elle cria : assommez-les ! » (5)

La femme jugea : « Ngoyi tu as raison ; vous autres retournez vers votre village ».

Ngoyi et son ami restĂšrent au service de cette femme. Un jour elle leur donna son enfant en disant : « De ce pas, je vais au marchĂ© ; vous autres restez ici, il y a de la farine de manioc au grenier dans une bouteille ; prĂ©parez-en une bouillie de manioc pour manger ensemble avec l’enfant ».

Nos amis, restĂ©s seuls, prenaient l’enfant, le tuaient et le dĂ©coupaient pour le manger avec le manioc. Lorsque la mĂšre de l’enfant revint, elle trouva l’enfant tuĂ©.

Elle se mit Ă  crier : « obobo bo bobo ! ekelekele ! N’y a-t-il pas d’hommes par ici ? On est en train de me tuer ! »

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Lorsque Ngoyi vit cela, il disparut de suite dans les hautes herbes ; il s’y cacha avec son compagnon, sauvĂ©s. Tout auditeur trouve sa dĂ©fense pertinente et spirituelle. Les villageois accoururent, ils suivirent les traces dans la brousse et arrivĂšrent chez un certain chef de village. LĂ , ils trouvĂšrent Ngoyi et son ami, dĂ©jĂ  assis devant le chef. Lorsqu’ils Ă©taient lĂ  avec leurs engins de mort, le chef les interrogea : « Pourquoi ĂȘtes-vous en guerre avec ces hommes ?»

Ils rĂ©pondirent : « Ils ont tuĂ© l’enfant de notre tante !»

Le chef interrogea alors Ngoyi et son compagnon: « Vous autres, qu’avez-vous Ă  dire ?»

Ils rĂ©pondirent : « Chef, cette femme nous avait donnĂ© l’ordre : PrĂ©parez de la bouillie de manioc et mangez-la avec l’enfant ».

Le chef décida : « Vous tous, retournez à la maison, vous avez tort, Ngoyi tu as raison ».

Ngoyi restait lĂ  avec son ami, peu de jours, environ une semaine. Ce chef avait un trĂšs bon chien, tout blanc, trĂšs beau, une bĂȘte excellente ; il l’aimait comme un homme. On avait prĂ©parĂ© pour ce chef de la bouillie de manioc et une poule, bien cuite et tendre par l’huile de palme. On lui prĂ©senta ces aliments, il en prit un morceau, le trempa dans la sauce, le jeta dans sa bouche, le mastiqua et l’avala. Quand il voulut prendre un autre morceau, il vit la viande (la poule) dĂ©jĂ  dans la gueule du chien.

Il cria vers Ngoyi :« Attrape le chien et arrache-lui la viande ! »

Ngoyi prend sa lance et poursuit le chien. Ils courent autour de la case ; arrivĂ©s prĂšs d’une autre case, la lance frappe le corps du chien. Le chef le vit et devint furieux ; menaçant il cria : « Apportez ici la tĂȘte de ces hommes ! »

De suite on poursuivit Ngoyi et son compagnon. Ils arrivĂšrent Ă  l’endroit oĂč habitait un Blanc. Le Blanc les arrĂȘta et interrogea les hommes du chef. Ils lui racontaient comment le chien du chef fut tuĂ©.

Ensuite le Blanc interrogea Ngoyi : « Tout cela est-il vrai? »

Ngoyi rĂ©pondit : « Monsieur, le chef m’avait envoyĂ© pour tuer ce chien parce qu’il avait avalĂ© une poule ».

Le Blanc décida : « Vous tous retournez ; Ngoyi a raison ».

Ngoyi et son ami restĂšrent une semaine chez ce Blanc. Un jour, le Blanc avait donnĂ© ses vĂȘtements au boy pour les laver. Il dit: « Portez ces vĂȘtements chez Ngoyi pour les repasser, avec le fer Ă  repasser ».

Ngoyi reçut les habits, alluma un feu, prit tous les vĂȘtements du Blanc et les y jeta. Quand celui-ci arriva, il trouva tous ses habits brĂ»lĂ©s ; il Ă©tait stupĂ©fait et appela vite ses soldats. Ils accoururent, empoignĂšrent Ngoyi et l’amenĂšrent chez le Blanc.

Celui-ci l’interrogea : « La raison pour laquelle tu as brĂ»lĂ© mes vĂȘtements, quelle est-elle
» ?

Ngoyi rĂ©pondit : « Votre boy me les a donnĂ©s en disant : brĂ»le-les (repasse-les), le Blanc l’a commandĂ© ainsi. Moi donc, quand j’ai entendu cet ordre, je les ai brĂ»lĂ©s ».

Le Blanc Ă©tait furieux et s’écria : « Je vais te faire tuer immĂ©diatement ».

Ngoyi joua des jambes et dĂ©guerpit en double vitesse. Le Blanc appela ses soldats; ceux-ci poursuivaient les deux hommes, longtemps, jusqu’à une riviĂšre. Ngoyi de suite mit les pieds dans l’eau; l’eau Ă©tait noire. Il n’y avait pas de bĂąton d’appui pour la passer, elle Ă©tait large et profonde aussi. Ngoyi et son ami couraient sur l’eau et l’eau ne cĂ©da pas sous leurs pieds. Mais tous ceux qui les poursuivaient, chaque fois que l’un d’eux se jeta Ă  l’eau, de suite un crocodile le happa et l’avala ; ainsi tous, du premier jusqu’au dernier.
Lorsque les deux compagnons avaient atteint l’autre rive, puis traversĂ© les hautes herbes, ils se trouvĂšrent tout Ă  coup devant Dieu. Dieu jeta les yeux sur Ngoyi wa Lubingabinga et son homme.

Il dit Ă  ce dernier : «Retourne Ă  la maison, la maladie de ta femme est finie. Si tu n’étais pas restĂ© fidĂšle Ă  ce Ngoyi, tu serais mort en cours de route et ta femme donc aussi aurait succombĂ© Ă  sa maladie ».

Lorsque Dieu eut fini de parler. Il disparut avec son Ngoyi wa Lubingabinga.

L’homme se dit : « Je vais retourner ».

Il regarde derriĂšre lui et voit qu’il est dĂ©jĂ  Ă  sa maison, il voit sa femme qui revient d’aller chercher du bois de chauffage.

Il lui demanda : « Dois-tu encore vomir ? »

Elle répondit : « Pas du tout ; dans mon intérieur, je ne sens plus rien de faible ».

Telle est l’histoire de Ngoyi Lubingabinga.

Conté par Biaye Omer et Bakwa Odile, Bakwa Kalonji ka Mutombo Kaci.

Source: La notion de Dieu chez les Baluba du Kasayi
(1) Bata Nsanza: de kutwa nsanza = ĂȘtre nombreux. Bata Nsanza: les nombreux.
(2) Ngoyi expose l’affaire en sa faveur, en omettant la dĂ©fense de passer 
du coté des pattes. Il présente le fait de passer du coté des pattes comme 
conséquence naturelle de la premiÚre défense. L'affaire, ainsi proposée, 
lui devient favorable, les gens qui le poursuivent sont mis en mauvaise 
posture. C’est cette astuce qui plaüt aux auditeurs.
(3) La ruse de Ngoyi consistant à chercher d’abord noise au chef, le rend 
sympathique aux auditeurs.
(4) Le mensonge de Ngoyi pour donner à sa mauvaise action un aspect bénin,
est fort goûté des auditeurs.
(5) MĂȘme ruse, Lubingabinga minimise l’incident pour rendre la colĂšre de 
la femme ridicule. 

 

[NsĂčmwĂŹnĂč] Le Renard, l’Antilope et le LĂ©opard

Le LĂ©opard Ă©tait connu dans toute la rĂ©gion pour la prĂ©paration des haricots. Lorsqu’il les prĂ©parait, l’arĂŽme des Ă©pices, dont il gardait jalousement le secret, se rĂ©pandait dans tous les villages avoisinants et tout le monde se lĂ©chait la bouche en faisant palpiter les narines. Le Renard et l’Antilope qui ne pouvaient pas se retenir venaient roder autour de la maison du LĂ©opard, attirĂ©s par les bonnes odeurs que dĂ©gageait la cuisine de ce dernier.

brerfoxUn jour, le LĂ©opard termina la cuisson des haricots. Il sortit pour aller chercher une bonne viande avec laquelle il allait agrĂ©menter son repas. AussitĂŽt qu’il Ă©tait parti, les deux compĂšres qui n’étaient pas loin, le voyant s’éloigner, s’introduisirent furtivement dans la cuisine du LĂ©opard. Ils mangĂšrent les haricots et lĂ©chĂšrent toute la marmite. En rentrant Ă  la maison, le LĂ©opard trouva la marmite vide et propre. Grande fut sa colĂšre. « Celui qui a fait ca, me le paiera un jour », se dit-il. La mĂȘme situation se rĂ©pĂ©ta plusieurs jours. Le LĂ©opard Ă©tait incapable d’attraper le voleur qui volait ses haricots.

Comme d’habitude, le LĂ©opard prĂ©para encore ses haricots un jour. Les odeurs qui sortaient de sa cuisine se rĂ©pandirent dans les airs. Comme d’habitude, le LĂ©opard sortit Ă  la recherche d’une bonne viande avec laquelle il allait savourer ses haricots. Cette fois-lĂ , il prit soin de bien fermer la porte Ă  clĂ©. Comme d’habitude, le Renard et l’Antilope qui se cachaient derriĂšre la maison du LĂ©opard se prĂ©sentĂšrent devant la porte pour manger ses haricots. Mais voilĂ , ils trouvĂšrent la porte de la maison fermĂ©e Ă  clĂ©. Voulant Ă  tout prix manger les haricots du LĂ©opard, ils creusĂšrent donc un petit trou dans la terre qui dĂ©bouchait dans la cuisine du LĂ©opard, puis rĂ©ussirent, par le trou, Ă  s’y introduire. Et comme d’habitude, les deux commencĂšrent Ă  manger les haricots. Il y en avait beaucoup et ils Ă©taient dĂ©licieux. La marmite en Ă©tait pleine. Alors, le Renard, par mesure de prudence, dit Ă  l’Antilope :

– Manseba wamanya ! (Fais attention !) Il faut toujours t’essayer par rapport au trou. Si non, tu risques de ne pas sortir d’ici.

Ainsi, chaque fois que le Renard mangeait, il allait passer par le trou, puis revenait manger les haricots. Mais l’Antilope trouvait que c’était une perte de temps d’aller contrĂŽler sa taille par rapport au trou.

– Manseba, nous rĂ©ussirons toujours Ă  sortir d’ici, rĂ©pondait-elle chaque fois au Renard.

Ce jour-lĂ , le LĂ©opard avait fait une mauvaise chasse. Pas d’animaux, pas d’oiseaux. Donc pas de viande Ă  consommer avec ses haricots. Il rentrait Ă  la maison, Ă©puisĂ© et triste en mĂȘme temps, se disant dans son for intĂ©rieur qu’il allait se contenter de haricots seuls. Mais une heureuse surprise l’attendait.

Lorsque les deux amis qui Ă©taient dans la cuisine entendirent les pas du LĂ©opard, ils se ruĂšrent vers le trou. Le Renard, trĂšs rapide, n’eut pas de peine Ă  y passer et s’enfuir. Mais l’Antilope n’eut pas la mĂȘme chance. Elle fit passer ta tĂȘte Ă  travers le trou, mais fut retenue par le ventre rempli de haricots. Elle essaya de forcer le passage. Peine perdue. Prise de peur, elle se mit Ă  pleurer.

– Au secours, au secours, je ne sais pas sortir !

Le LĂ©opard, alertĂ© par les pleurs de l’Antilope, fit rapidement les derniers pas qui le sĂ©paraient de la porte et l’ouvrit. A son grand Ă©tonnement, il vit l’Antilope au beau milieu de la cuisine avec un trĂšs gros ventre.

– Ah manseba Ngulungu, c’est donc toi qui manges toujours mes haricots ! Je m’en vais aussi te manger aujourd’hui.

leopard-1L’Antilope fondit en excuses et voulut expliquer au LĂ©opard qu’elle n’était pas la seule Ă  voler ses haricots, mais le LĂ©opard ne voulut pas l’écouter. Il tua l’Antilope et la mangea avec le peu de haricots restĂ©s dans la marmite.

C’était le conte tel qu’il m’a Ă©tĂ© racontĂ© par Nico Muambi du Canada.

Comme me l’a dit Nico, plusieurs leçons de morale peuvent ĂȘtre tirĂ©es de ce conte. Pour ma part, j’en ai trouvĂ© trois :

1. « Wateya wadya, wateya wadya ; kadi bya kukuma kaba ku dyulu, ne ulue kwamba ne bena cyoto !
2. « Budimu mbutambe bwanga bupaka»
3. « Katuvumvwa wakumvwa dyakamuya ntande mu dyulu »

A vous de trouver les autres leçons.

Source: Lumbamba Kanyiki – Grand KasaĂŻ

[NsĂčmwĂŹnĂč] Les deux chasseurs

Dans un village, il y avait deux chasseurs qui avaient l’habitude de chasser ensemble. L’un Ă©tait natif du pays et l’autre venait de l’étranger. Le chasseur Ă©tranger Ă©tait de loin meilleur que l’autochtone. Mais Ă  chaque fois qu’il tirait sur une bĂȘte, l’autochtone revendiquait le gibier : « C’est Ă  moi !» et le chasseur Ă©tranger ne pouvait rien dire. La mĂȘme situation se produisait tous les jours qu’ils allaient Ă  la chasse.

N’en pouvant plus, le chasseur Ă©tranger porta l’affaire devant les habitants du village. Ceux-ci ne savaient comment trancher contre leur frĂšre. Ils le conseillĂšrent d’aller se plaindre chez le chef du village. Ce dernier ne sut comment rendre le jugement dans un litige qui opposait son sujet Ă  un Etranger. Ce dernier, triste et déçu, rentra chez lui. Les jours s’écoulĂšrent ainsi. Comme d’habitude, les deux allaient Ă  la chasse ; comme d’habitude, ils trouvaient les bĂȘtes et tiraient et comme d’habitude, « C’est Ă  moi! », criait le natif et s’en emparait.

Arc et flĂšches lubas
Arc et flĂšches lubas

Mais un jour vint qui ne ressemblait pas aux autres jours. Les deux compĂšres se rendirent de bon matin Ă  la chasse. AprĂšs quelques heures d’une chasse infructueuse, ils remarquĂšrent derriĂšre un buisson une forme sombre qui passait. Ils se dirent que c’était un phacochĂšre et se mirent Ă  l’affĂ»t. L’étranger, dĂ©gaina son arme, ajusta et tira. AussitĂŽt l’autochtone cria : « C’est Ă  moi !». Il se prĂ©cipita pour ramasser l’animal, mais fut surpris de trouver une femme gisant dans son sang sur le sol, atteinte par les balles. Les dĂ©bris de sa cruche cassĂ©e s’étaient rĂ©pandus prĂšs d’elle. Elle allait Ă  la riviĂšre puiser de l’eau pour le mĂ©nage.

Les villageois qui Ă©taient dans le parage ayant entendu le coup de fusil et le « C’est Ă  moi !» du chasseur natif du pays, accoururent pour voir la bĂȘte qu’il avait tuĂ©e. Ils furent surpris de dĂ©couvrir le cadavre de la pauvre femme qui baignait dans son sang. « Tu as tuĂ© la femme d’autrui ! », l’accusĂšrent-ils. La nouvelle se rĂ©pandit comme une traĂźnĂ©e de poudre dans tout le village. Les policiers alertĂ©s vinrent arrĂȘter le chasseur natif du pays. Il fut condamnĂ© plus tard Ă  la peine capitale pour meurtre.

Moralité : Est pris qui croyait prendre

C’était le conte de maman Adolphine Mushiya.

Source: Lumbamba Kanyiki- Grand KasaĂŻ

[NsĂčmwĂŹnĂč] La cultivatrice et le corbeau

L’histoire se passe quelque part, dans la brousse, au Congo vers la fin de la saison sĂšche. En prĂ©vision des premiĂšres pluies qui n’allaient pas tarder Ă  tomber, tous les cultivateurs se rendaient aux champs pour les travaux de dĂ©frichage. Plus une famille Ă©tait nombreuse, plus grand Ă©tait le champ Ă  cultiver. C’est la raison pour laquelle mĂȘme les enfants participaient aux travaux de champs. Tous les villageois y allaient tĂŽt le matin et en revenaient tard le soir. Parmi eux, il y avait une jeune cultivatrice, mĂšre d’un bĂ©bĂ© de quelques mois, mais elle n’avait personne qui pouvait s’occuper de son bĂ©bĂ©.

Lorsque la cultivatrice arrivait au champ, elle donnait d’abord du sein Ă  l’enfant. Elle amĂ©nageait ensuite un bon endroit Ă  l’ombre d’un grand arbre et le couchait lorsqu’il dormait. Enfin, elle prenait sa houe et se mettait au travail. Le problĂšme de la jeune cultivatrice Ă©tait que le bĂ©bĂ© se rĂ©veillait aprĂšs quelques minutes de sommeil et commençait Ă  pleurer, obligeant la mĂšre Ă  interrompre son travail pour s’occuper de lui.

«Tu t’es dĂ©jĂ  rĂ©veillĂ© ? Mais qui s’occupera de toi pendant que je travaille?», se plaignait la cultivatrice. « A ce rythme, je ne pourrai pas terminer mon champ. De quoi allons-nous vivre?». La cultivatrice travaillait alors des heures durant avec le bĂ©bĂ© sur son dos, ce qui n’était pas facile. La situation de la cultivatrice avec son bĂ©bĂ© qui pleurait tout le temps Ă©tait connue de tous les villageois, mais personne ne venait l’aider.

Un jour, comme Ă  l’accoutumĂ©e, elle vint trĂšs tĂŽt matin avec son bĂ©bĂ©, l’allaita, le berça du mieux qu’elle pouvait avec sa voix douce et le coucha en-dessous de l’arbre. Mais le bĂ©bĂ© se rĂ©veilla en pleurs aprĂšs seulement quelques minutes de sommeil. Grande fut la tristesse de la jeune femme qui se mit Ă  pleurer Ă  chaudes larmes : « Seigneur, qui pourra s’occuper de mon bĂ©bĂ© ? Je n’ai personne ! »

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Sur le grand arbre, un vieux corbeau venait rĂ©guliĂšrement se reposer. Il Ă©coutait chaque fois les plaintes de la cultivatrice en-dessous de l’arbre. Ce matin-lĂ , pris de pitiĂ©, il descendit et se posa en face de la femme dans un frou-frou des ailes qui effraya cette derniĂšre. «Jeune femme, du haut de cet arbre, j’entends toujours tes pleurs et tes lamentations.» lui dit-il. «Si tu veux, je m’occuperai de ton bĂ©bĂ© afin que tu finisses vite ton champ comme les autres. Mais tu ne diras Ă  personne que c’est moi qui garde ton bĂ©bé» lui proposa-t-il.

La cultivatrice accepta la proposition du corbeau et l’accord fut conclu entre les deux. Le corbeau prit le bĂ©bĂ© et s’envola avec lui, laissant la mĂšre travailler dans son champ. A partir de ce jour-lĂ , le corbeau venait chaque matin prendre le bĂ©bĂ© et l’emmener avec lui, laissant la mĂšre dĂ©fricher son champ qui s’agrandissait de jour en jour. Il le lui ramenait le soir avant son retour Ă  la maison.

Les autres cultivateurs ne tardĂšrent pas Ă  remarquer le silence dans le champ de la cultivatrice, eux qui Ă©taient dĂ©jĂ  habituĂ©s Ă  entendre les pleurs lointains du bĂ©bĂ©. Une villageoise voulut en savoir plus et vint demander Ă  la cultivatrice : « Qu’est-ce que tu fais pour calmer ton bĂ©bĂ© ? En effet, nous avons constatĂ© qu’il ne pleure plus comme avant ? » La jeune cultivatrice oublia le deal qu’il avait conclu avec le vieux corbeau et eut le malheur de rĂ©vĂ©ler la vĂ©ritĂ© Ă  la villageoise.

Le matin suivant, la femme allaita son bĂ©bĂ© comme elle en avait l’habitude et le confia au corbeau. Ce dernier le prit et s’envola avec, mais lorsqu’il ramena l’enfant le soir au moment oĂč la mĂšre l’attendait pour rentrer Ă  la maison, eh voilĂ , le bĂ©bĂ© Ă©tait mort !

Moralité : Bimpe kulama ludimi !

C’est le conte tel qu’il nous a Ă©tĂ© envoyĂ© par mamu Adolphine Mushiya.

Source: Lumbamba Kanyiki – Grand KasaĂŻ (trĂšs bon blog!)

[Remarkable] Tatouages

Je suis tombĂ©e sur ces photos en explorant Tumblr. Étonnant, non? Dimona dya dikema!

Qu’en pensez-vous?

Ilunga2

Ilunga a Ă©tĂ© choisi par un collĂšge de linguistes comme Ă©tant le mot le plus difficile Ă  traduire dans le monde car n’ayant aucun Ă©quivalent. Ilunga est un nom luba qui signifie ‘personne qui pardonne la premiĂšre offense, tolĂšre la seconde mais jamais la troisiĂšme.’ C’est un bon exemple de ce qu’apporte la sagesse luba.

Ilunga1

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[NsĂčmwĂŹnĂč] Kadima LutĂčĂčlĂč nĂš Kadima LĂčbilu

Kadima LutĂčĂčlĂč nĂš Kadima LĂčbilu kupungabo madimbĂ , kusĂ ka, kwakaja kumana. Kadima LutĂčĂčlĂč wĂšndĂš musambo Ăčvwa nĂš :
« Kadima LutĂčĂčlĂč Ăčyaya panyĂŹ ?
Ne nye katembĂšlĂ  mwĂ  MulopĂČ.
LutĂčĂčlĂč, LutĂčĂčlĂč ne uye penyĂŹ e” ?
Ne nye katembĂšlĂ  mwĂ  MulopĂČ e nya! »

Musambo wĂ  Kadima LĂčbilu Ăčvwa nĂš :
« LĂčbilu, LĂčbilu, uyaya panyĂŹ ?
Ne nye kutembĂšlĂ  kwĂ  MulopĂČ.
LĂčbilu, LĂčbilu wa mwĂ  MulopĂČ Ăš’,
Ne nye katembĂšlĂ  mwĂ  MulopĂČ’ Ăš’ nya! »

Kadima LutĂčĂčlĂč kujukayĂš: bĂšnda bĂ mwimba, Ă nu mwĂšndĂš mĂčmwĂšmĂčmwe Ă mu too nĂš kwĂ  MulopĂČ. UfikĂ  kwasayĂš:
« Kadima LutĂčĂčlĂč mwana MulopĂČ.
Ndi muyĂš kutĂšmbela mwĂ  MulopĂČ,
LutĂčĂčlĂč, LutĂčĂčlĂč wa mwĂ  MulopĂČ Ăšâ€™,
Ndi muyĂš kutĂšmbela mwĂ  MulopĂČ Ăš’ nya’ ! »

KwimbayĂš dĂźba, Maweeja nĂš :
« Anji lĂ Ă la, mwanĂ nyi; wĂȘwe muyĂš kungimba mĂȘme TaatĂč ÚÚbĂš, udi mwisuku anyĂŹ? Anji sĂČmba. »

DifĂčku dinaayi edi, LutĂčĂčlĂč wimba, dijalama, MulopĂČ kumubikila, kumwambila nĂš : wamanyi kwimba, imĂ nĂ  nkulayĂš. MulopĂČ Ăčbwela mu nzĂčbu; tubĂčlu twĂ  buloba tĂčbidi kumupĂ . Kumwambila nĂš :
« Pa wĂ fikĂ , ĂčbikilĂš beena kwĂšnĂč bĂŽnso, pashishe wĂȘwe ĂčtutĂš tubĂčlu twĂ  buloba etu panshĂŹ ne ĂčmĂČnĂš bidimu. »

LutĂčĂčlĂč kuya wĂšnda ĂčtĂšmbela banga bamfĂčmĂč to nĂš mwĂ bĂŽ. Ùfika, kujĂčkulayĂš madimbĂ , wimba to. Bantu kukĂčka nĂš bĂ  ku mĂ lĂ lĂ .

LutĂčĂčlĂč kubĂ lĂŽndela biĂŽnso bivwĂ  MulopĂČ mumwenzele kumana. KupĂ tula tubĂčlu twĂ  buloba atĂŽ tubidi. UtĂ pa kĂ  kumpĂ la panshi. NgĂŽmbe kupĂ tuka, bisĂ ku, bisĂ ku; nzĂČĂČlo, mbĂčji, mĂŹkooko nĂš bifĂčkĂ  MvĂŹdye byĂŽnso. UtĂ pa kibidi panshĂŹ: bakĂ jĂŹ kupĂ tuka milongo nĂš milongo, bĂąna, banungu bisĂ ku nĂš bisĂ ku. KutĂčlangana panshĂŹ bisĂ ku nĂš bisĂ ku.

Mwabilayi kwabanyina bantu bintu’ abiĂŽ, kupunga kumana. Kubwela mwĂšndĂš kulĂ Ă la.

Kadima LĂčbilu yĂȘye nĂš: MulopĂČ ne ampĂš mĂȘme bipite byĂ  Kadima LutĂčĂčlĂč. KuponayĂš ne’endĂš madimbĂ  mu njila, bĂšnda bakĂ sĂ  anu nĂš:
« LĂčbilu, LĂčbilu, uyĂ ya panyĂŹ Ăš?
Nyaya katĂšmba kwĂ  MulopĂČ Ăš.
KĂ lĂ di mu njila uyaya panyĂŹ Ăš?
Nyaya katembĂšlĂ  mwĂ  MulopĂČ Ăš, nya”! »

BĂ vwĂ  bĂ mba nĂš: imbĂ , tĂčmĂŽnĂšku maja. LĂčbilu kĂ nangi; byĂšndĂš anu lĂčkĂ sĂ .

LĂčbilu pwĂ  nĂš mwĂ  MulopĂČ. Ufika kwasaye’anu musambo wĂšnde’au. UtĂčla kuambila MulopĂČ nĂš :
« MĂȘme diĂ nyi didi Ă nu dimwĂš, ntshĂźna ndĂ la Ă bidi. »

BucĂŹĂŹyĂ  LĂčbilu kwimba, ĂčtĂčla nĂš: Mukalenge fidayanyi, fiyĂ© kwĂ nyi.

MulopĂČ kimmubĂšnga. Ubwela, tĂ»ngĂčlĂčbĂš, twĂšnde atĂŽ tĂčbidi, kĂčpĂ  Kadima.

Kadima ufika, wimba, bantu bipwilĂ . BĂ nzĂ nkĂčdi tungĂčlĂčbĂš twĂšnde atĂŽ, pwĂ . UtĂ pa kĂ mbedi panshĂŹ ; mbĂčlĂčbĂčlĂč, njiji, nnyĂČka, mangĂčlĂčngĂ©, tumanda makĂŽnyi. BukwĂ  bĂźshi bĂŽnsĂŽ pĂ tu.

UtĂ pa kibidi; ntambwe, nkĂ shĂ mĂ , ngandĂč, nzevu, bukwĂ  nnyama yĂŽnso. Ntambwe nĂš biĂŽnso abio nĂš: Bantu bĂ yaya bĂ tĂčshiya !

Ntambwe wĂšnda Ăčshibaya, bĂŹshi kusĂčma bantu kuzengeja. Bapandi kĂčdi nyama kuya bĂšnda bĂ dilanganĂ  anu miadi.

LĂčbilu kushipesha bantu kipĂ yi bwalu.
LutĂčĂčlĂč ndupite lĂčbilu.
LutĂčĂčlĂč ĂčyĂźle kafika,
LĂčkĂ sĂ  ĂčyĂźle kacibuka mukĂČlĂČ mu lwondo.

Kidimba Ă  9 touches
Kidimba Ă  9 touches

Kadima le Calme et Kadima l’AgitĂ© arrangeaient leurs xylophones et les accordaient convenablement.

La chanson de Kadima le Calme faisait comme ceci:
« Kadima le Calme, oĂč vas-tu ?
Je vais jouer (sur mon xylophone) chez Dieu.
Doucement, doucement, oĂč vas-tu ?
Je vais jouer chez Dieu, c’est ainsi ! »

La chanson de Kadima l’AgitĂ© faisait comme celĂ :
« Vite, Vite oĂč vas-tu ?
Je cours chez Dieu pour le chanter.
Vite, vite au village de Dieu,
Je vais chanter chez Dieu, c’est ainsi ! »

Kadima le Calme partit ; en cours de route, il chantait 1 Dieu, toujours et toujours Ă  sa propre maniĂšre (lente), jusqu’à ce qu’il arriva chez Lui. Lorsqu’il Ă©tait lĂ , il chantait:
« Kadima le calme est enfant de Dieu.
Je suis venu jouer en l’honneur de Dieu,
Doucement, doucement dans le village de Dieu,
Je suis venu jouer en l’honneur de Dieu, c’est ainsi ! »
Il jouait toute une journée. Dieu lui dit :
« Reste ici pendant quelques jours, mon enfant. Tu es venu chanter pour moi, pour moi ton PÚre, es-tu en brousse ici 2? Prends tes aises ».

Le quatriĂšme jour, pendant que Lutulu Ă©tait en train de chanter, vers midi, Dieu l ’appela et lui dit:
« Tu as bien chanté ; attends : je vais te donner un cadeau ».

Dieu entra dans sa maison ; Il lui donna deux mottes de terre. Il dit :
« Lorsque tu arrives dans ton village, appelle tous les gens de chez toi, jette chacune de ces mottes par terre et tu verras ce qu’elles contiennent ».

Lutulu partit et chanta les chefs en cours de route, jusqu’à ce qu’il rentra chez lui. ArrivĂ© lĂ , il commença Ă  jouer du xylophone et Ă  chanter, longtemps. Les hommes arrivaient de toutes parts, mĂȘme des coins les plus Ă©loignĂ©s. Lutulu leur raconta en dĂ©tail tout ce que Dieu lui avait fait. Il montra ses deux mottes de terre.

Il jeta la premiĂšre par terre. Des vaches en sortaient par troupeaux entiers, puis des poules, des chĂšvres, des moutons et tout ce que Dieu a créé. Il jeta la seconde par terre : des femmes en sortaient par rangĂ©es entiĂšres et des enfants et des jeunes gens 3 en des groupes innombrables. Ils se trouvaient lĂ  en longues rangĂ©es. Notre homme illustre distribua aux gens du village tous ces biens, tout ce qu’il y avait et en bon ordre. Puis il entra dans sa maison et se reposa en paix.
Kadima l’AgitĂ© se dit en lui-mĂȘme : « Dieu me donnera encore plus qu’Ă  Kadima le Calme ». Il se mit en route avec son xylophone en chantant :
« Lubilu, Lubilu, oĂč vas-tu ?
Je vais chanter en l ’honneur de Dieu.
Toi qui ne passes pas la nuit en cours de route 4 oĂč vas-tu ?
Je vais chanter chez Dieu en son honneur, c’est ainsi ! »

En chemin on lui demanda :
« Chante, que nous voyions comment tu danses ».

Mais Lubilu ne voulait pas (s’attarder). Tout devait aller vite.

Lubilu arriva chez Dieu. De suite, il commença sa chanson. La chanson finie, il dit à Dieu:
« Je n’ai qu’une journĂ©e Ă  perdre. Je n’ai pas le temps de rester ici deux jours ».

Le lendemain matin, Lubilu se mit à chanter. Lorsqu’il eut fini, il dit :
« Seigneur, donnez-moi mon cadeau que je puisse retourner chez moi».

Dieu ne refusa point. Il entra dans sa maison, sortit avec deux mottes de terre et les remit Ă  Kadima.

Kadima revint et se mit Ă  jouer. Les hommes s’assemblĂšrent. Notre tĂ©mĂ©raire 5 montra ses deux mottes de terre.
Il jeta la premiĂšre par terre: (il en sortit) des abeilles, des mouches, des serpents, des guĂȘpes, grandes et petites. Toutes sortes d’insectes en jaillirent. Il jeta la seconde par terre : des lions, des lĂ©opards, des crocodiles, des Ă©lĂ©phants et toutes sortes d’animaux sauvages ! Les lions et toutes ces bĂȘtes criaient :
« Les hommes ne peuvent pas nous échapper! »
Le lion courait en tuant, les insectes en piquant et en importunant les hommes. Ceux qui surent se sauver s’enfuirent en hurlant.
Lubilu (la HĂąte) en Ă©tait la cause que des gens furent tuĂ©s sans leur faute. LutĂčĂčlĂč (la Patience) vaut mieux que la HĂąte: La Patience partit et arriva (saine et sauve); La HĂąte partit et se cassa la jambe en route. (Patience est mĂšre de SĂ»retĂ©)

Conte  Bakwa Kalonji

Source: Notion de Dieu chez les Balubas du KasaĂŻ

  1. Chanter signifie ici : entonner une chanson, jouer du xylophone et danser. ↩
  2. Tu ne seras pas abandonnĂ© sans soins ici = je te donnerai Ă  manger abondamment. ↩
  3. Banungu: hommes cultivĂ©s qui peuvent accompagner le chef ou lui servir d’ordonnances. ↩
  4. Il est trop pressĂ© pour rester passer la nuit. ↩
  5. Banza nkudi est le pendant de Muabilayi: Les deux mots sont des surnoms d’hommes intrĂ©pides illustres. Mais Muabilayi l’est dans le bon sens, le hĂ©ros, le courageux ; Banza nkudi l’est dans le mauvais sens, le tĂ©mĂ©raire, l’entĂȘtĂ©. Le mot provient de lubanza = cour, demeure, et de nkudi = nkuvu = tortue. TĂȘtu comme la tortue sous sa carapace. ↩

[Luba Wisdom] Proverb/Dicton 4

Maybe you have heard this in some Ciluba songs. This is a famous proverb.

Luba traditional diviner (medicine men, witch doctors) dancing to the sound of slit drum, Kaluanzo, Katanga Province (1959)

NnyĂČka wa bulandĂ , nnyĂČka wa bulelĂ . KĂ su kukusĂčma, kĂ su kukudyĂ . BubĂŹ nebĂčlwe Ă mu kuĂčdĂŹ.

Serpent d’amitiĂ©, serpent de parentĂ©. Il ne cherche ni Ă  te mordre ni Ă  te manger. Le mal est en toi.

Friendly snake, related snake. It doesn’t want to bite you or eat you. Evil is inside you.